Ordre & Progrès.

BRÉSIL – Carnaval de Rio DE JANEIRO, février 2017. Un événement planétaire que je me devais d’immortaliser avec mon Nikkormat. Le Brésil est un pays fascinant aux multiples facettes culturelles, hélas entaché par la récession qui change considérablement l’ambiance générale. De Rio de Janeiro à Fortaleza en passant par Paraty, j’ai pu parcourir plus de 4000km sur sentier, sur route et sur mer. Sur le même modèle que World 50mm, je ne disposais que d’un objectif El Nikkor 50mm. 
J’ai pour habitude d’associer chaque moment de photographie à de la musique : pour celui ci ce sera « Give a Little Bit » et « School » de Supertramp. 

Photo reportage réalisé au Brésil au mois de février 2017 de Rio de Janeiro à Jerichoachoara.

Pellicule : Ilford HP5+ / Papier photo : Ilford Multigrad IV

Carnaval de Rue - Rio de Janeiro

L’effervescence des cariocas est à son paroxysme. Le carnaval de rue bat son plein et les trottoirs débordent de foules euphoriques. Certains sentent l’alcool tandis que d’autres, comme moi, ivres par cette horde tentent de se réfugier dans des espaces avec moins de monde. Il est 15h à Rio, des murs d’enceintes illégaux s’érigent sur la place de l’opéra émettant un son transcendant parcourant mon corps de la tête au pied au rythme de techno parade improvisée. Etourdissant et fascinant à la fois, la foule autour bougeait sur un rythme effréné, sans faux pas, sans fausse note, comme si chaque personne était reliée par un même fils tiré par un marionnettiste. Des mouvements répétés, lancinants signe d’une folie et d’une jouissance absolue dans le coeur de chacune des personnes. Je prends la voiture. Nous remontons le boulevard d’Ipanema également saturé par la foule qui déborde des trottoirs entrainant des embouteillages, le tout sous un cagnard tropical. La voiture s’arrête à un feu rouge avec tout autour des personnes alcoolisées, droguées. Au milieu de ce bouillon humain s’avance une autre voiture à coté qui se fit remarquer par sa position exagérée sur le passage piéton. Un homme a l’arrière en sortit la tête et appela une femme de l’autre coté de la rue. Celle-ci est vraisemblablement ivre et peu consciente de la situation. L’homme fait un signe de la main, la fille s’exécute et traverse le carrefour tandis que le feu s’apprête à passer au vert. Spontanément au milieu du cloaque carnavalesque, les deux amants d’un instant s’embrassèrent. Ainsi est « le baiser volé d’Ipanema » en tête de ce photo-reportage. 

Sanbodrome - Rio de Janeiro

Le crépuscule arrive et je me prépare pour aller au mythique Sanbodrome. Je suis logé à l’hôtel ibis dans le port industriel de Rio, non loin dudit Sanbodrome. 20h, c’est le début des festivités, je charge ma pellicule , me grime pour ne pas attirer l’oeil, j’embaume mon appareil d’un tissu et pars vers l’inconnu. j’accède au quartier par un embranchement de la rocade condamné pour l’occasion, au bout de celle-ci une boule de lumière si intense qu’elle aveugle tous les piétons allant dans sa direction. Arrivé sur place, je passe les filtres et accède à La Tribune 7 au centre du complexe. Immense quantité de personnes toujours alcoolisées et festives dans ces gradins saturés. Je trouve une place au centre du gradin me permettant d’avoir une vue plus ou moins dégagée sur le défilé et d’être immergé dans folie ambiante. Le défilé dure 6h. Entre odeur de vomi et d’alcool, de transpiration et les cris, la magie du carnaval prend vie en nous emportant tous dans un état que seul cet événement peut procurer aux masses. Je pars il est 4h du matin. 

Paraty - Jerochoachoara - Fortaleza

Je prends mes distances avec Rio. Suite au carnaval et à ses débordements, l’armée brésilienne est intervenue dans les rues. Je pars en direction de Paraty, une ancienne ville coloniale à 300km au sud. Sur la route je m’arrête à Ancra Del Reis une favela géante sur le bord de mer. l’ambiance y est à la fois reposante et électrique. Plusieurs carcasses brulées de voitures de police gisent sur les bords de la route. En dehors des grandes villes, la police est peu présente, ce qui laisse une grande liberté aux habitants me rapporte un local, mais au risque d’en abuser et d’en payer de sa vie. Ensuite je rejoins le nord du pays vers Fortaleza, station balnéaire la plus dangereuse du Brésil. Les commerçants ferment tous à 20h par peur de vandalisme. C’est l’effet de l’extreme pauvreté qui frappe le nord du pays. Je n’y reste pas longtemps, l’ambiance y est lourde. C’est ainsi que je prends la direction de Jeriochoachoara, un ville connue pour son accès difficile, uniquement par la plage car enclavée par une jungle protégée. La-bas il n’y a pas de routes, que du sable même dans la ville. Les pluies diluviennes y forment les routes et la direction naturelle pour aller à la mer. Quiconque ose aller dedans se fait emporter par son courant diluvien. Ce fut un repère de pirates dans le temps, je ne suis pas étonné.

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